Locarno Mio (2017/2) – F. Maxhuni: « un carrefour où le vice du cinéma côtoie la normalité quotidienne »

Locarno Festival 2017Locarno Mio, c’est, en sept questions, le Festival de Locarno dans les yeux de celles et ceux qui l’arpentent depuis plus ou moins longtemps. Fisnik Maxhuni réalise des films, dont Lost Exile, dont il était question ici et qui a écumé les festivals en 2016, y compris Locarno (la preuve). Il possède une autre qualité : il a fait des études de géographie (enfin, presque). À Locarno, il paraît qu’on le gave de petits fours. Pas facile tous les jours.

1. C’est loin Locarno ?

Intéressé par les ramifications sociales et psychologiques de la géographie, Locarno présente un double intérêt : bien que pas si loin de Lausanne, la ville offre un dépaysement total. Quelle bizarrerie que de payer en francs suisses, d’aller à la Migros, mais que tout cela soit en italien, et qu’on soit entouré de palmiers.

2. C’est grand Locarno ?

Population durant l’année à Locarno : 15’000. Visiteurs durant le Festival de Locarno : 120’000.

3. C’est quoi Locarno ?

Une charmante petite ville où cohabitent la rigueur suisse et le « dolce vita » italienne. Le temps de dix jours par année, c’est un carrefour où le vice du cinéma côtoie la normalité quotidienne. En dehors du festival, on n’y va pas. On n’y pense même pas à vrai dire. Finalement, c’est un peu « loin des yeux, loin du cœur ».

J’y avais découvert Amarcord, qui m’a marqué à vie. Merci la Piazza Grande donc.

4. Tu fais quoi à Locarno ?

Je navigue (et j’erre) entre les brunchs, les apéritifs et les vernissages d’institutions et organisations qui me gavent de petits fours, de jus d’orange servi dans des verres à pied et de viande Rapelli. Ces mêmes institutions et organisations à qui je vais m’adresser pour tenter de décemment vivre dans un pays où le cinéma est plutôt sujet à promouvoir les spécialités locales qu’à véritablement encourager ce domaine.

5. La Piazza Grande, tu connais ?

Oui. J’y suis allé un soir pendant cinq années de suite. On y est plutôt mal assis, mais l’expérience « en vaut la peine ». A ce qu’il paraît. J’y avais néanmoins découvert Amarcord, qui m’a marqué à vie. Merci la Piazza Grande donc.

Lorsque l’écran s’éteint, tout ce qui a été mentalement construit n’existe plus.

6. Locarno, en janvier, ça existe encore ?

Au cinéma, lorsqu’une rue est représentée à l’écran, automatiquement le spectateur s’imagine la ville. Lorsque l’écran s’éteint, tout ce qui a été mentalement construit n’existe plus. Ces rues, ces villes, ces films ne sont faits que de la pellicule des rêves : impressions temporaires qu’on s’épuise à retrouver.

7. Il y a un truc que tu as vu ou entendu à Locarno, que tu ne risques pas d’oublier ?

Le dîner à la même table que Jonas Mekas en 2016. Nous avons l’occasion d’échanger intensément pendant 20 minutes avant qu’on m’indique que je m’étais assis à la mauvaise table. S’en est suivi directement la première d’un de mes films devant un parterre de 1’200 personnes, et 300 autres qui n’avaient pas eu de ticket à l’entrée.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :