Locarno Mio (2017/4) – G. Fumey: « Locarno, c’est grand comme le monde entier »

Locarno Mio, c’est, en sept questions, le Festival de Locarno dans les yeux de celles et ceux qui l’arpentent depuis plus ou moins longtemps. Gilles Fumey est géographe à l’université de Paris-Sorbonne et spécialiste de l’alimentation. On le connaît notamment pour les Cafés géographiques, association qu’il a créée en 1998 et qui a depuis essaimé à travers la France. Habitué de longue date du festival, il vient chaque année admirer ce « miracle géographique » tessinois.

1. C’est loin Locarno ?

Le bout du monde. Le bout de la Suisse. Le bout du Lago Maggiore. Pour ceux qui l’ont vécu et le vivent chaque année, c’est un rêve de tous les jours. Qui devient un des meilleurs moments de l’année. Mieux que toutes les fêtes du calendrier.

Pendant les dix jours du festival, Locarno, c’est grand comme le monde entier. (…) Un miracle géographique.

2. C’est grand Locarno ?

La ville ancienne est toute timide au pied de son « castello » mais compte de belles demeures et des patios italiens proches des grotto du Tessin. La ville balnéaire s’étend sur le delta de la Maggia, mais c’est très américain, un peu prétentieux, « grand » dans l’esprit de ceux qui l’on conçue. Pendant les dix jours du festival, Locarno, c’est grand comme le monde entier. Il éclate sur les écrans où les humains sont traqués dans les plus petits recoins de la planète. Un miracle géographique.

Un cinéma dur, exigeant, qui ne ment pas.

3. C’est quoi Locarno ?

Une aventure de quelques fêlés de cinéma qui pensent aux autres, soignent leur fol amour du cinéma avec un docteur suisse. Un cinéma dur, exigeant, qui ne ment pas. Les quelques paillettes qui s’égarent sur le lac Majeur s’éteignent aussi vite que les étoiles devant l’orage.

4. Tu fais quoi à Locarno ?

On fouine, on traque la perle. Je dis « on » car je ne suis jamais seul. D’année en année, le groupe s’étoffe. On discute avec les réalisateurs. Moins les acteurs qui ne cabotinent pas ici.

5. La Piazza Grande, tu connais ?

Le clou du lieu. 8000 sièges jaunes et noir aux couleurs de la mascotte dans un décor de Goldoni, en plein air. Habillée par l’écran géant, elle donne une dimension irréelle aux films. Le Bernin qui a conçu la Rome vaticane convenant si bien aux cérémonies mondialisées aurait pu la dessiner. Même si cette piazza est, en réalité, un carrefour de rues.

6. Locarno, en janvier, ça existe encore ?

Sans doute. Mais je n’ose en imaginer la mélancolie.

7. Il y a un truc que tu as vu ou entendu à Locarno, que tu ne risques pas d’oublier ?

Finding Zalmay,  film « afghan » où un facteur tente de distribuer une lettre dans un pays où la majorité des habitants sont illettrés.

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