Locarno 2018: Frontières (Chris the Swiss, A. Kofmel)

En janvier 1992, pendant le siège de Vukovar par l’armée yougoslave, un jeune journaliste suisse, Christian Würtenberg, meurt étranglé à quelques kilomètres du front. Il porte l’uniforme du PIV, une milice de volontaires internationaux. Vingt ans plus tard, sa cousine est partie enquêter. Voulant élucider cette mort mystérieuse, Anja Kofmel arpente toutes sortes de frontières, en plus de celle entre Serbie et Croatie.

Frontière entre fiction et réalité. Superposant animation, images d’archive et tournage sur place, l’enquête assume sa part de subjectivité et, surtout, d’incertitude quant à ses conclusions. On pense à Valse avec Bachir, où le dessin figurait aussi la fragilité des souvenirs.

Frontière entre ici en paix et là-bas en guerre. Aujourd’hui comme en 1991, il est possible de monter dans un train à Zurich et d’en descendre à Zagreb. Confins symboliques de l’Europe, les Balkans sont lointains et proches à la fois : les guerres qui ont secoué l’ex-Yougoslavie se déroulaient à nos portes. Et les pays voisins vendaient aux belligérants des armes qui ont alimenté un conflit dont le bilan compte plus d’un tiers de morts civiles – environ 4 500 sur 12 000.

Chris the Swiss

Frontière entre milices et armée régulière. De jeunes sympathisants d’extrême-droite, en provenance de toute l’Europe, sont allés prêter main-forte face aux Serbes. Cette « bande de cinglés » venus, selon la journaliste Heidi Rinke, « pour pouvoir tuer en toute légalité », l’armée croate n’hésitera pas à les intégrer au bout de quelques mois. Et, la guerre terminée, la Croatie accordera aux volontaires internationaux la nationalité et une retraite militaire.

Frontière entre catholiques et orthodoxes. Un journaliste espagnol évoque les soupçons d’implication de l’organisation catholique Opus Dei dans le financement des milices étrangères : dans cette région de contact entre Occident et Orient, l’Église aurait aimé transformer le conflit en guerre de religions.

Monde inconnu

Frontière entre raison et folie. Les anciens acteurs racontent l’ordinaire des massacres et le basculement – effet de groupe, violence masculine latente et adrénaline aidant – dans une logique meurtrière inconcevable en temps de paix. « Ça nous a tous rendus fous », raconte un ancien du PIV, « c’était une guerre immonde ».

Chris the Swiss

En enquêtant sur la mort de son cousin, Anja Kofmel dit avoir contemplé les abysses, découvert un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence. Elle nous emmène à la découverte de ce monde, et on en revient changé.


Sortie en Suisse romande prévue le 19 septembre, en France le 3 octobre.


La bande-annonce

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