Locarno Mio (2017/2) – F. Maxhuni: « un carrefour où le vice du cinéma côtoie la normalité quotidienne »

Locarno Festival 2017Locarno Mio, c’est, en sept questions, le Festival de Locarno dans les yeux de celles et ceux qui l’arpentent depuis plus ou moins longtemps. Fisnik Maxhuni réalise des films, dont Lost Exile, dont il était question ici et qui a écumé les festivals en 2016, y compris Locarno (la preuve). Il possède une autre qualité : il a fait des études de géographie (enfin, presque). À Locarno, il paraît qu’on le gave de petits fours. Pas facile tous les jours.

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Locarno Mio (2017/1) – T. Jobin: « Locarno, c’est l’endroit qui m’a fait »

Locarno Festival 2017Locarno Mio, c’est, en sept questions, le Festival de Locarno dans les yeux de celles et ceux qui l’arpentent depuis plus ou moins longtemps. Avec trente (!) visites à son actif, Thierry Jobin, directeur du Festival international de films de Fribourg (FIFF), a des choses à raconter sur un événement auquel il doit beaucoup. Dont une belle anecdote en compagnie de Greg Araki, il y a trente ans. À découvrir en cliquant ligne suivante. Lire la suite

A l’enterrement de la monarchie népalaise: « White Sun » (FIFF 2017, jour 2)

Fribourg Festival 2017En 2015, le Népal panse les plaies d’une guerre civile meurtrière. Sous les coups de boutoir de la rébellion maoïste, la monarchie s’est muée en république fédérale et le pays se cherche une Constitution. Dans ce contexte, Chandra, ancien soldat de l’armée rebelle, retrouve son village au fond d’une vallée perdue de l’Himalaya, où l’attendent des difficultés inattendues : son père vient de mourir et sa femme a accouché d’une fille pendant son absence. Il devra composer, entre autres, avec un prêtre sourcilleux sur les rites funéraires, un frère monarchiste et un gamin rencontré en route, qui pourrait bien se révéler son fils caché. Complexe. Lire la suite

Le fantôme du féminisme: « L’aventure de Madame Muir » (FIFF 2017, jour 3)

Fribourg Festival 2017Une fois n’est pas coutume, on s’attaque à un classique, ne serait-ce que pour rendre hommage à l’incroyable diversité et qualité de l’offre du FIFF. La sélection « Cinéma de genre », sous-titrée cette année « Histoires de fantômes », propose un impressionnant panel de merveilles plus ou moins anciennes, dont les inoxydables La maison du diable (The Haunting) et L’aventure de Madame Muir (The Ghost and Mrs Muir). Dans le second, un Mankiewicz pas encore célébrissime adapte le roman de R.A. Dick – pseudonyme subtil, n’est-ce pas, de Josephine Leslie – et fait souffler un vent de féminisme sur les années quarante. Lire la suite

India Paradiso: « The Cinema Travellers » (FIFF 2017, jour 1)

Fribourg Festival 2017Un crépitement, une étincelle, le ronronnement du moteur, et le faisceau lumineux apparaît. Le temps d’une soirée, Bollywood vient de se frayer un chemin jusque dans les tréfonds de l’Inde rurale. Huit ans durant, Shirley Abraham et Amit Madheshiya ont suivi deux projectionnistes itinérants et un réparateur/inventeur de projecteurs. Ils nous font découvrir, dans un documentaire d’une incroyable poésie en compétition à Fribourg, un univers méconnu en train de se réinventer pour ne pas disparaître. Lire la suite

Locarno 2016: « There is an alternative » (Moi, Daniel Blake, Ken Loach)

11 août 2016, 21h30, sur les sièges noirs et jaunes de la Piazza Grande, la projection de Moi, Daniel Blake fait salle comble. À 80 ans, ému de voir 8’000 personnes massées pour découvrir son film, Ken Loach n’en va pas moins à l’essentiel. Il évoque le démantèlement de l’État-providence par le thatchérisme, rappelle les conséquences bien réelles de cette politique, machine à broyer les plus faibles. Et conclut : « There is an alternative, and it is worth fighting for it ».

Droit dans ses bottes après une trentaine de longs-métrages, Loach ne révolutionne peut-être pas le cinéma. Mais il offre une description minutieuse et pas du tout superflue des dégâts humains du néolibéralisme à l’anglaise, esquissant au passage une petite géographie de l’humiliation des laissés-pour-compte.

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Locarno 2016, Jour 2 : Faillite de l’autorité, faillite de la société

Locarno Festival 2016Les films projetés à Locarno cette année ne donnent pas tous envie de pleurer. Mais plus d’un rend compte d’un monde qui ne donne pas non plus très envie de rire. Sur des registres a priori différents, plusieurs intrigues dessinent un monde qui sonne creux, déserté par le sens et, en l’occurrence, par les autorités, c’est-à-dire par une émanation d’un projet et d’une vision communs à un groupe humain. Ci-dessous, retour sur un jour 2 qui fait trembler les fondements des sociétés postindustrielles. Lire la suite

Locarno 2016, Jours 0 & 1: Pluie d’insultes sur la Piazza Grande

Locarno Festival 2016À la sérénité d’une traversée ferroviaire des paysages mythico-bucoliques de la Suisse primitive, renforcée par le plaisir coupable de la contemplation des hordes d’automobilistes pris dans quelques kilomètres de bouchons à l’entrée du Ghotard (et donc aussi à la sortie, niark), a succédé un atterrissage mouvementé sur la Piazza Grande. Dans le jeu injuste des bonnes et moins bonnes places sous les étoiles du Tessin, rendu complexe par l’interdiction plus ou moins explicite et plus ou moins respectée de réserver des sièges à ses ami-e-s, ce n’est pas un orage qui m’est tombé sur la tête mais une averse d’injures, noms d’oiseaux éructés en allemand, italien et anglais par un spectateur très fâché. Passé ce déluge, le spectacle a pu commencer. Lire la suite

Avant Locarno: Le passé trouble de la Suisse (Un juif pour l’exemple, Jacob Berger)

Un juif pour l'exemple - André WilmsAvant une sortie en Suisse en septembre 2016, on pouvait découvrir à Locarno, dès le premier jour, Un juif pour l’exemple, de Jacob Berger (Fuori concorso). Librement inspiré de l’ouvrage du même nom de Jacques Chessex, publié en 2009, le film revient sur une affaire ayant secoué en 1942 la petite ville suisse de Payerne. Un groupuscule de sympathisants nazis y avait exécuté dans des circonstances sordides un commerçant juif, pour l’exemple. Entre passé mal assumé et présent pas tout rose, Berger propose une adaptation subtile, mettant l’auteur lui-même au cœur du dispositif narratif. Une réussite. Lire la suite

NIFFF 2016, Jour 4: Coup de cœur dans le backyard (Fantastic Birthday)

NIFFF 2016Un festival de films, c’est un peu comme une douzaine d’huîtres. On tombe parfois sur une perle, y compris quand on ne s’y attend plus trop. Au NIFFF (dont on a parlé ici, , mais aussi là-bas) la perle a surgi de la Compétition internationale. Quand Wes Anderson rencontre Lewis Caroll et Charles Perrault, ça donne un merveilleux film sur l’adolescence, réalisé par l’Australienne Rosemary Myers. À la fois hors du temps et en phase avec l’époque, léger et sérieux, superficiel et profond, Fantastic Birthday (titre « français » pour Girl Asleep) est le coup de cœur neuchâtelois de LMDLO. Lire la suite