FIFF (Jour 1) Sept personnages en quête de touristes (Dreamaway)

Dreamaway, AfficheDJ, femme de chambre, animatrice ou masseur, sept jeunes employé·es d’un hôtel de Charm el-Cheikh assistent à la baisse de fréquentation des établissements de la région et affrontent l’ennui et le doute. Le documentaire Dreamaway filme leur traversée du désert – au sens propre – et en profite pour interroger le sens des hauts-lieux du tourisme mondial. Lire la suite

(FIFF 2019, jour 0) Thierry Jobin, interview fantôme

Au Festival de Fribourg 2017, j’avais rencontré Thierry Jobin. À part quelques phrases retenues pour un compte rendu dans Positif, l’interview s’était perdue dans les limbes. L’édition 2019 du FIFF offre l’occasion de se replonger dans une discussion passionnante sur le cinéma et les fantômes. Avec un hommage désormais posthume à Pierre Rissient, disparu en 2018. Lire la suite

A l’enterrement de la monarchie népalaise: « White Sun » (FIFF 2017, jour 2)

Fribourg Festival 2017En 2015, le Népal panse les plaies d’une guerre civile meurtrière. Sous les coups de boutoir de la rébellion maoïste, la monarchie s’est muée en république fédérale et le pays se cherche une Constitution. Dans ce contexte, Chandra, ancien soldat de l’armée rebelle, retrouve son village au fond d’une vallée perdue de l’Himalaya, où l’attendent des difficultés inattendues : son père vient de mourir et sa femme a accouché d’une fille pendant son absence. Il devra composer, entre autres, avec un prêtre sourcilleux sur les rites funéraires, un frère monarchiste et un gamin rencontré en route, qui pourrait bien se révéler son fils caché. Complexe. Lire la suite

Le fantôme du féminisme: « L’aventure de Madame Muir » (FIFF 2017, jour 3)

Fribourg Festival 2017Une fois n’est pas coutume, on s’attaque à un classique, ne serait-ce que pour rendre hommage à l’incroyable diversité et qualité de l’offre du FIFF. La sélection « Cinéma de genre », sous-titrée cette année « Histoires de fantômes », propose un impressionnant panel de merveilles plus ou moins anciennes, dont les inoxydables La maison du diable (The Haunting) et L’aventure de Madame Muir (The Ghost and Mrs Muir). Dans le second, un Mankiewicz pas encore célébrissime adapte le roman de R.A. Dick – pseudonyme subtil, n’est-ce pas, de Josephine Leslie – et fait souffler un vent de féminisme sur les années quarante. Lire la suite

India Paradiso: « The Cinema Travellers » (FIFF 2017, jour 1)

Fribourg Festival 2017Un crépitement, une étincelle, le ronronnement du moteur, et le faisceau lumineux apparaît. Le temps d’une soirée, Bollywood vient de se frayer un chemin jusque dans les tréfonds de l’Inde rurale. Huit ans durant, Shirley Abraham et Amit Madheshiya ont suivi deux projectionnistes itinérants et un réparateur/inventeur de projecteurs. Ils nous font découvrir, dans un documentaire d’une incroyable poésie en compétition à Fribourg, un univers méconnu en train de se réinventer pour ne pas disparaître. Lire la suite

Face à l’hydre bureaucratique (Un monstre à mille têtes, Rodrigo Plá)

Un Monstre à mille têtes, en compétition Festival de Fribourg 2016, est parvenu à se frayer un chemin jusqu’à trente-huit salles françaises, grâce à Memento Films. On y apprend avec bonheur qu’au Mexique, quiconque veut bénéficier d’un nouveau traitement contre le cancer, c’est-à-dire se donner une chance de survivre, doit d’abord convaincre sa compagnie d’assurance. Il lui faut pour cela l’avis d’un médecin au moins aussi attentif au profit de ladite compagnie – et aux pressions qu’il subit – qu’à la santé de ses patient-e-s. Ce défi, la très déterminée Sonia tente de le relever pour sauver son mari malade, et son parcours du combattant fournit l’argument du roman de Laura Santullo (scénariste) et du film de Rodrigo Plá. Celui-ci dresse un réquisitoire sans appel contre le libéralisme sauvge et ses conséquences bien réelles, entre abysses bureaucratiques et violence sociale. Lire la suite

Fribourg 2016, jour 2 (partie 2): Femmes du monde

FIFF 2016Après le très-féministe-mais-pas-si-militant Madonna, place au pas-si-féministe-mais-très-militant Mary Kom, biopic sur une multiple championne du monde de boxe originaire du Manipur, province du nord-est de l’Inde animée d’une sérieuse agitation indépendantiste. Exemple type du film qu’on aime détester – à moins que ce soit l’inverse. Ce blockbuster bollywoodien signé Omung Kumar, sorti en 2014, a trouvé sa place dans la section « Cinéma de genre : plus féroces que les mâles », ne serait-ce que parce qu’il donne à voir une image de la femme bien loin des clichés que véhicule le cinéma indien mainstream – ce qu’on lui reproche assez.

Lire la suite