Fribourg 2016, jour 2 (partie 1): meurtre dans la file d’attente

FIFF 2016Les yeux encore humides d’émotion pour l’amour entre le petit Shimek et la jolie Buzya, je patiente béatement dans une file d’attente. Soudain, une spectatrice enragée exprime toute sa détestation pour Song of Songs à une amie, avant de percevoir dans mon regard, en dépit d’efforts inouïs pour ne rien laisser paraître, un inquiétant mélange d’incompréhension, de courroux, d’effroi et d’hostilité. Elle change de sujet, évitant un meurtre passionnel en plein cinéma. Ainsi a pu se poursuive un deuxième jour schizophrénique, ubiquiste et intersectionnaliste (oui), entre une famille juive dans l’Ukraine du début du 20e siècle (Song of Songs, Eva Neymann) et les coulisses crasseuses de la réussite économique sud-coréenne (Madonna, Shin Su-won). Résumé. Lire la suite

Fribourg 2016, jour 1: Festival international des femmes fortes

FIFF 2016Début des hostilités au FIFF 2016, entre une compétition faisant la part belle aux héroïnes et aux réalisatrices, une section dédiée aux femmes féroces, et un mot-clé dans la bouche du staff du festival : femme(s) forte(s). On est prévenu, les femmes à l’écran vont nous en mettre plein la vue, les mecs n’ont qu’à bien se tenir. Mais au fait, une femme forte, c’est quoi ? Début de réponse en provenance d’Amérique latine, en commençant par Breathless Time (Tiempo sin Aire), projeté dans la section « Cinéma de genre : Plus féroces que les mâles ». Lire la suite

Début du FIFF(F): Festival international du film de Fribourg (et des femmes)

FIFF 2016Le FIFF (Festival international du film de Fribourg) célèbre en 2016 ses trente ans, dont cinq sous la direction de Thierry Jobin – et une seule édition, malheureusement, sous le regard ravi de LMDLO, en 2012. On imagine le brainstorming pour décider du thème de l’année : prix d’honneur décerné à George Clooney ou Christophe Lambert, grosse(s) soirée(s) à thème arrosée(s) de double crème de Gruyère, de fondue au Vacherin et d’hectolitres de bière Cardinal (dans n’importe quel ordre), hommage(s) interminable(s) aux vingt-neuf éditions précédentes, avec séance obligatoire de bisous pleins de larmes entre anciens directeurs et lauréat-e-s, affiches couvertes de puissants calembours du type « trente fois FIFF, cent-huitante ». Lire la suite