Locarno Mio (2018/1) – M. Bareyre: « J’ai lu les mots de Carlo Chatrian sur mon film. Et ça m’a fait pleurer. »

Locarno 2018Locarno Mio, c’est, en sept questions, le Festival de Locarno dans les yeux de celles et ceux qui l’arpentent depuis plus ou moins longtemps. Matthieu Bareyre présente cette année L’époque, documentaire nocturne sur la jeunesse parisienne. Après quelques réponses laconiques, on a vu poindre une petite larme au moment de répondre à la dernière question. C’était beau. Lire la suite

Locarno 2018: Frontières (Chris the Swiss, A. Kofmel)

En janvier 1992, pendant le siège de Vukovar par l’armée yougoslave, un jeune journaliste suisse, Christian Würtenberg, meurt étranglé à quelques kilomètres du front. Il porte l’uniforme du PIV, une milice de volontaires internationaux. Vingt ans plus tard, sa cousine est partie enquêter. Voulant élucider cette mort mystérieuse, Anja Kofmel arpente toutes sortes de frontières, en plus de celle entre Serbie et Croatie. Lire la suite

Stalker, géographie dissidente

StalkerAlors que le cinéma des deux dernières décennies regorge de visions apocalyptiques, voir ou revoir Stalker offre l’occasion de porter un autre regard sur les ruines du présent peuplant nos imaginaires collectifs. Dans son cinquième long-métrage, sorti en 1979, Tarkovski interroge notre rapport au paysage et, plus largement, construit un discours critique dont la portée va bien au-delà du contexte soviétique. Lire la suite

Le road movie: individus nomades vs société sédentaire

« Quelque chose est changé en moi et je ne peux pas revenir en arrière. Je veux dire : je ne pourrais plus vivre. » Le week-end à la montagne s’est transformé en cavale pour Thelma et Louise, héroïnes du septième long métrage de Ridley Scott en 1991. La décapotable de Louise dévore depuis plusieurs jours les kilomètres des autoroutes rectilignes du Midwest, et Thelma, enfin débarrassée de sa vie de femme au foyer soumise, adresse à son amie une phrase qui résume l’essence du road movie : le véritable voyage est sans retour parce qu’il ne laisse pas intact, parce qu’on ne peut pas se résigner à retrouver les chaînes dont on s’est défait en prenant la route. Lire la suite

Cyril Schäublin: « la parole est toujours politique »

Pour la sortie de son film Dene Wos Guet Geit (Ceux qui vont bien) dans les salles romandes, le réalisateur zurichois Cyril Shäublin a bien voulu répondre à quelques questions. Au menu d’une longue discussion : des lieux étranges, une langue étrange, Robert Bresson, le Comité invisible… et l’envie de faire un cinéma sincère, sans fioritures. Lire la suite

Le roi et l’oiseau: détruire les cages

En 1980 sort Le roi et l’oiseau, réalisé par Paul Grimault sur un scénario de Jacques Prévert. Démarré en 1946, le projet avait abouti en 1953 à une version reniée par son auteur, qui est parvenu à se réapproprier son travail près de 30 ans plus tard. À l’arrivée, ce chef-d’œuvre intemporel et inclassable, hymne à l’amour et à la liberté, distille un message de révolte contre toute forme d’autorité. Il raconte comment la transgression de l’ordre social et spatial permet de révéler celui-ci, pour mieux le renverser. Lire la suite

Locarno Mio (2017/7) – S. Mizrahi: « un mélange surréaliste d’art et de commerce »

Locarno Film Festival 2017

Locarno Mio, c’est, en sept questions, le Festival de Locarno dans les yeux de celles et ceux qui l’arpentent depuis plus ou moins longtemps. Shevaun Mizrahi présentait cette année Distant Constellation, documentaire empreint de nostalgie tourné dans une maison de retraite d’Istanbul. Elle a bien voulu jouer le jeu des questions-réponses. Elle était un peu pressée, mais a quand même pris le temps de nous parler d’un inoubliable karaoké à Bellinzona. (Original version in English below) Lire la suite